« C'est quoi », est la question qui m'est le plus posée.
Mes images sont intimes et rarement instantanées,
ce sont des mises en scène, je prends le temps
de les pêcher, de les réfléchir, de les préparer.
S’y rejoue la relation à l'autre, au monde, mais aussi
à l'œuvre d'art.

Recherche de la révélation, du lien, de la rencontre
où se « précipiteront» des pensées, des mots,
des souvenirs disparates, sans passer par le langage
qui les cimente, mais par la chimie amoureuse de l’image.

Toujours je me préoccupe de donner un corps à l’image,
un corps lourd donc, mais aussi un corps léger,
un corps-éventail, un corps-boîte, un corps-pyramide,
un corps posé, un corps en suspens…
Un corps ou un toucher.

L’image n’est plus seulement la fenêtre,
mais elle devient fenêtre à son tour, elle se plie,
elle se troue, lui pousse du duvet,
des cicatrices la traversent.

C’est un travail en creux, autour de cette pauvreté
de la matière photographique, de sa platitude,
qui crée des volumes.

Emmanuelle Maura